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Ça y est, cette fois, on m’a viré. Purement et simplement. Sans aucun état d’âme alors que moi, je me prends ça en pleine face et que je me retrouve sous le choc, même si, je vous l’accorde, je ne suis pas vraiment surpris.

Eh oui… Combien de salariés entendent ce genre de phrases :

  • « Ça ne vous va pas ? »
  • « Personne ne vous retient ici ! »
  • « La porte est grande ouverte ! »
  • « Y en a plein qui attendent votre place ! »

Pourtant j’avais plutôt bon espoir au départ, j’y ai cru à cette boite. Pas longtemps néanmoins. J’ai eu vite fait de comprendre qu’entre le discours tenu à l’embauche et la réalité, se dessinait un certain fossé. En effet, sous prétexte d’une réorganisation, le flou était légitimé.

Mais bon, c’est souvent le cas, n’est-ce pas ? Le poste était à prendre ou à laisser, il me fallait me décider, et vite, sinon, on me faisait déjà entrevoir ladite porte.

Ces fameuses phrases d’ailleurs, mine de rien, ont parfois un petit air de « déjà entendu », et ce, pas uniquement dans le monde du travail, ceci pouvant parfois expliquer cela…

Effectivement déjà à l’école, et souvent également au moment de l’adolescence avec des parents excédés, on avait déjà eu droit à ce genre de commentaires. La plupart de ces personnes étant surtout maladroites, répétant ni plus ni moins ce qu’elles avaient déjà entendu elles-mêmes des années auparavant par leur propre entourage.

Oui, mais, combien s’en veulent après avec un impossible retour en arrière, avec ces mots qui dépassent la pensée, ces automatismes etc…

Alors quand une hiérarchie « bienveillante » se lâche à son tour à tout va et serine ce leitmotiv sur ses équipes, forcément ça fait résonnance chez beaucoup.

Et pourquoi est-ce si dur de la prendre justement cette porte alors qu’adolescent(e) on en rêvait ? Bien sûr, il y a plein de motifs à ne pas le faire, tout départ se passerait mieux en le préparant en amont quand c’est possible. On est adulte aujourd’hui, on ne va pas faire n’importe quoi et c’est bien normal, on a des responsabilités familiales etc… on a tous de bons prétextes.

Et pourtant… qu’y-a-t-il derrière en fait ? On n’en sait rien. Peut-être que d’autres portes attendent justement qu’on les ouvre, elles, celles qu’on n’aurait jamais pensé franchir un jour.

Cela nous effraie un peu, les peurs s’invitent vite, mais maintenant, plus rien ne nous retient. Plus le choix. Et en même temps, fini les crampes à l’estomac, les maux de tête qui s’invitaient chaque lundi matin à la perspective de devoir réenclencher une nouvelle semaine dans une ambiance aussi dévastatrice.

Et si, en fait, nous avions plus à y gagner qu’à y perdre ?

Cela pourrait être une réelle découverte de SOI… de ses ressources propres, étouffées par des couches accumulées et portées au fil des années qui, bien souvent appartiennent à d’autres, dont on s’est lesté nous-mêmes par habitude, etc… Il y a plein de bonnes raisons à cela.

ET SI… ET SI…

Et si on intégrait que la vie est précieuse, qu’elle ne doit pas être souffrance comme on nous l’a inculqué ?

Et si on était en train de perdre notre vie, notre sens à la vie, en essayant justement de la gagner d’une façon qui nous mine ?

Et si on se faisait plus confiance en prenant conscience que tout est déjà à l’intérieur de nous individuellement et à notre portée ?

Et si on reconnaissait soi-même sa propre valeur ? (Parce qu’entre parenthèses, on risque d’attendre ad vitam aeternam la reconnaissance d’autrui).

Et si on se disait qu’on mérite d’aller mieux ?

Comment ? En se posant les bonnes questions déjà, telles que :

« Qu’est-ce que je sais faire ? » (Y compris hors professionnel)

« Qu’est-ce qui m’apporte de la joie dans les tâches que j’aime accomplir ? »

« Par quoi suis-je attiré(e) ? »

« Qu’est-ce que j’ai envie de partager ? »

« A quoi rêvais-je enfant ? »

Et si on faisait un premier pas en ce sens ?

Catherine CARA – Formatrice et Coach