Nous pouvons tous et toutes, à un moment donné, nous retrouver confrontés(es) aux interprétations. Elles sont souvent inévitables, naissent aisément dans notre esprit et s’auto-alimentent très facilement. Sous couvert de norme sociale, nous pouvons légitimer certains agissements.

Exemple fictif, ci-dessous, pour démontrer ce phénomène :

Claire et Cédric sont frères et sœurs.   Ils sont issus de la même famille et ont reçu la même éducation. Il serait facile de songer qu’ils sont plus ou moins semblables. En fait, ils sont diamétralement opposés.

Claire est une jeune femme, dotée d’un tempérament plutôt franc et direct. Rapide d’exécution, elle pense inconsciemment, qu’il en est de même pour tous. Il peut lui être difficile de tolérer des comportements contraires aux siens. Ayant comme valeur principale la justice, elle s’insurge dès que cette dernière est bafouée.

Son frère Cédric, fonctionne différemment sur de nombreux points. Il réagit souvent d’une manière propice à créer une certaine forme d’incompréhension, entre eux. Sa valeur principale étant la liberté, il s’attend à ce que tout son entourage respecte ce besoin capital chez lui. Il ne supporte pas qu’on lui impose un semblant d’envahissement, qu’il soit physique ou mental.

Tous les deux ont par conséquent, des besoins physiologiques et émotionnels spécifiques, dissemblables. De même que chacun a sa propre cartographie du monde et pense détenir LA vérité.

C’est ainsi que dans la vie, on peut voir certains(es), attendre un « merci » spontané, lors d’un service rendu. Il peut tarder à être exprimé, du moins sous la forme souhaitée par la personne, en retour. Le remerciement peut tout autant ne jamais être formulé, parce que, zappé. Son importance n’étant pas capitale, pour un(e) adepte du :

  • « Je fais les choses, sans en attendre de remerciement, sinon, je ne le fais pas. Point. »

Cependant, l’absence de ce « merci », attendu chez l’autre personne, peut la déstabiliser et déclencher chez elle un état émotionnel négatif, insoupçonné. Si elle en émet, ne serait-ce qu’un timide :

  • « Je ne demande pas que tu te mettes à genoux devant moi, la question n’est pas Là. Mais bon… moi, à l’inverse, je t’aurai au moins, envoyé un sms. »

Soulevant par retour, des commentaires tels que :

  • « Oh là… là… c’est bon… Merci ! Merci ! Merci ! ça te va là ? »
  • « Franchement… y a pas de quoi en faire un drame ! »
  • « Pourquoi te mets-tu dans des états pareils ? C’est pas grave !»

Quelqu’un d’autre peut se sentir fliqué, dès qu’on lui envoie plus d’un sms par semaine, pour avoir de ses nouvelles. Désireux d’affirmer son autonomie et voulant démontrer son désir d’indépendance, il n’y répondra pas, craignant une invasion sur son territoire.

S’ensuivra probablement l’envoi d’un deuxième sms, subissant probablement le même sort que le premier. L’expéditeur ou l’expéditrice s’inquiétant de ce silence, jusqu’à finir par se sentir purement et simplement ignoré(e), une fois assuré(e) que rien de spécial n’est arrivé.

De l’incompréhension et de l’insatisfaction mutuelles, commencent ainsi à s’installer. Dans une relation frère, sœur, des questionnements concernant une divergence de comportements, vont se poser.

  • « J’ai l’impression d’être devenu(e) un(e) étranger(e) à ses yeux. »
  • « On ne dirait pas qu’on a reçu la même éducation. »

Fort de son propre point de vue, chaque être humain estime, d’emblée, détenir la vérité. Nos raisonnements personnels, nous amènent à avoir des jugements, sur beaucoup de choses. Nous interprétons souvent les faits et gestes d’autrui, de même que ses dires, dès lors qu’ils ne correspondent pas à notre schéma de pensées.

Nous restons figés(es) sur nos certitudes. Nous imaginons, à tort, que notre destinataire répondra à nos sollicitations, de la même façon que nous le ferions, si la situation était inversée. Cette méconnaissance, cette confusion, peut nous faire éprouver du ressentiment, de la colère, de la tristesse, etc…

Une telle différence comportementale peut être à l’origine d’un désintérêt grandissant dans le temps, d’un éloignement entre personnes, parfois proches, au départ.

En ce qui concerne des relations sociales, nous pouvons, pour les mêmes raisons d’ignorance, étiqueter les autres, les juger, interpréter ce que nous voyons et entendons, à travers nos filtres, sans prendre la précaution d’en vérifier la véracité.

Ce qui peut nous amener parfois, à passer à côté de personnes intéressantes, chaleureuses, créatives, etc… et rater une occasion de nous apporter mutuellement un plus, dans nos vies respectives. Sous prétexte du mutisme affiché de notre voisin de table, lors d’une soirée, nous pouvons l’étiqueter, dans notre for intérieur, comme « inintéressant », alors qu’une timidité le fait se positionner en recul, en spectateur, par souci de sécurité, avant de s’exprimer librement.

Lui-même, peut nous considérer comme étant trop volubiles et donc superficiels(elles), à ses yeux. Il nous percevra peut-être, comme une personne trop sûre d’elle, ou très centrée sur elle-même, écrasant tout sur son passage, alors qu’il n’en est rien.

Qui ne s’est pas dit un jour :

  • « Je ne me rappelle pas ce qui a déclenché cette dispute. Il me semble avoir compris que c’était ceci… Mais, vu que je ne l’ai pas laissé terminer sa phrase, en fait, je ne suis plus sûr(e) de rien. »
  • « J’ai supposé qu’il voulait se placer dans ma boîte, alors qu’il passait juste me déposer une invitation, concernant une réunion d’entrepreneurs, à laquelle j’espérais être convié. »

Je prends maintenant une situation familiale :

C’est bientôt Noël… 

Une occasion pour se réunir, s’offrir des présents, préparer un repas de fête. Là encore, chacun voit midi à sa porte. Cela va osciller, entre celles et ceux, qui vont s’organiser pour acheter tout tranquillement, avec réflexion et patience. Leur objectif étant de trouver l’objet, répondant aux attentes de leurs invités(es). D’autres vont se précipiter, au dernier moment, dans les boutiques avec des mines affairées.

Les avis divergent, entre les personnes privilégiant les cartes cadeaux et celles qui en rejettent d’emblée, l’idée. Les premières diront qu’au moins ainsi, elles ne seront pas obligées de garder une déco, un vêtement, dont la forme ou la couleur ne leur plaît pas, pour ne vexer personne. Rajouter quelques euros, éventuellement et profiter du crédit de la carte, leur permettra justement, de se faire plaisir.

Elles ne se formalisent pas, à l’idée que cela n’ait demandé que dix minutes de présence dans un magasin et sont très contentes. Les secondes, au contraire, ne se sentiront pas reconnues avec cette formule, en tant que personnes particulières.

 

Prendre conscience de ce qui se joue, dans ce cadre relationnel, au sujet des interprétations, demande de mettre en place, quelques processus.

Même en étant très au courant de ce phénomène, il convient d’ancrer certains changements. Il est souhaitable de se déculpabiliser, lorsque l’on replonge dans ce travers inconscient. L’avantage, en bénéficiant d’une aide personnalisée, est de savoir, de façon consciente, tout remettre à l’équilibre.

Je vous propose un accompagnement en ce sens, pour vous y aider.

Catherine Cara – Coach et Formatrice